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  Les courses de chevaux en France (3)     Spectacle contre jeu


En dépit d’un chiffre d’affaires qui demeure élevé [37 milliards de francs en 1997, 35 milliards en 1998], les courses de chevaux en France ne sont plus ce qu’elles étaient. Les signes les plus évidents de cette crise sont, depuis le milieu des années quatre-vingt : un léger tassement en francs courants et une érosion en francs constants du volume des enjeux (figure 1), un effondrement du volume des enjeux du tiercé (de 7,9 milliards de francs en 1990 à 3,6 milliards en 1997), une diminution du volume des enjeux sur les hippodromes et une baisse du nombre des entrées payantes, et cela d’autant plus que le nombre de « réunions de courses » par « société organisatrice » est élevé (figure 2). Cette crise a suscité deux types d’explication.
Selon la première, d’ordre socioéconomique, la diminution du volume annuel des enjeux est fonction de la baisse du pouvoir d’achat, de la progression du chômage, notamment dans les grands bassins industriels du Nord et de l’Est, du recul du salariat populaire relativement prospère qui avait fait le succès du PMU ; elle serait donc, in fine, la conséquence de profondes évolutions économiques, sociales et culturelles [Dubeaux 1993].
La seconde explication se fonde sur la nature des courses de chevaux et des paris ainsi que sur leur place dans le système français des jeux. Les messages publicitaires du PMU et des sociétés d’encouragement à l’élevage des chevaux (France galop, pour le plat, et Société d’encouragement à l’élevage du cheval français, pour le trot), depuis la naissance du tiercé, trahissent les incertitudes qui persistent aujourd’hui encore à ce sujet : de 1954 à la fin des années soixante-dix, les paris sont présentés comme un « jeu intelligent » centré sur la connaissance des chevaux ; du début des années quatre-vingt au début des années quatre-vingt-dix, les premiers signes de fléchissement des enjeux sont attribués à la concurrence du Loto et à la diversification des produits de la Française des jeux [Martignoni-Hutin 1993] qu’aggrave la « mauvaise réputation » des courses. Pour y remédier les paris deviennent « un jeu [de hasard] comme les autres » ; cette campagne de banalisation n’ayant pas porté ses fruits, on mise à nouveau, depuis 1995, sur les spécificités des courses hippiques, sur leur caractère spectaculaire et sur l’« effet Cheval » (« Jouez avec vos émotions », invitent désormais les messages publicitaires du PMU).
Du caractère spectaculaire des courses de chevaux dépendent, non seulement le retour du public sur les hippodromes, mais également et plus largement la visibilité médiatique, surtout télévisuelle, des manifestations hippiques. On observe en effet un mouvement général des sports vers le spectaculaire, qui pousse leurs instances dirigeantes à modifier la tenue réglementaire (body pour les joueuses de volley-ball, kimono de couleur en judo, casque transparent en escrime) et même à réviser les règles du jeu (en réduisant notamment la durée des matches, comme en tennis et en volley ou en pentathlon) pour les faire « mieux coller aux exigences télévisuelles » [Le Monde du 6-7 décembre 1998]. De ce mouvement, les manifestations équestres et hippiques ont d’autant moins intérêt à rester écartées qu’elles apparaissent pour l’instant particulièrement mal placées : en queue de liste des sports télévisés, à égalité avec la pétanque avec 7 heures d’antenne par an contre 452 au football !
Cette tâche se complique du fait que le caractère spectaculaire des courses de chevaux ne va pas de soi. Déjà, à la fin du XVIIIe siècle, un témoin ironisait sur ces spectateurs qui se déplaçaient « pour voir courir des animaux efflanqués qui passent comme un trait, tous couverts de sueur au bout de dix minutes » [cité par Blomac op. cit. : 70]. La situation ne s’est guère améliorée depuis. Pourtant, jusqu’à la veille de la Première Guerre mondiale, les courses constituaient une activité sportive et un spectacle où l’on se rendait en famille ; le jeu n’était pas la motivation majeure [Reynaldo 1990a]. Mais après la Deuxième Guerre, les États-Unis ont imposé leur goût de la vitesse au détriment de l’endurance sur laquelle se fondaient les épreuves françaises (une course, qui se déroule aujourd’hui sur une distance variant entre deux et trois kilomètres, en majeure partie hors de vue des spectateurs, ne dure plus que quelques minutes). En même temps, le sport amateur est devenu un sport à but lucratif, et la création du tiercé en 1954 a provoqué la dissociation des paris et de la fréquentation des hippodromes, et a consacré la suprématie du jeu sur le spectacle, de l’émotion ludique individuelle sur celle, plus composite – des perceptions (vue, audition, odorat…) à l’imaginaire et à la sociabilité – et donc plus difficile à définir, que suscite le spectacle.
Acteur principal de la compétition hippique (quel que soit au demeurant le jugement que l’on porte sur le caractère spectaculaire de celle-ci), le cheval joue-t-il aussi le rôle de moteur des paris sur les courses ? Existe-t-il un « effet Cheval » et que peut-on en attendre ? On ne dispose pour l’instant d’aucune donnée chiffrée permettant de répondre avec certitude à ces questions. Mais plusieurs indices concordants donnent à penser que seule une minorité d’amateurs éclairés s’intéresse vraiment aux chevaux, connaît leurs ascendances, suit leurs performances, bref « étudie le papier », comme on dit en argot de turfiste. Pour les autres, notamment ceux (plus de la moitié des parieurs) qui jouent au hasard, le cheval n’est qu’un « accessoire de course situé sous le jockey ou devant le driver » et la course elle-même n’est qu’une « parenthèse entre les paris, le chemin obligé du guichet à la caisse » [Konopnicki op. cit. : 138-139].
Actuellement, la population des amateurs de courses de chevaux est radicalement différente de celle des amateurs d’équitation (catégories socioprofessionnelles supérieures chez ces derniers, forte féminisation surtout chez les moins de 25 ans, pratique centrée sur la relation avec l’animal). Mais la situation peut évoluer assez rapidement, en particulier si les femmes, pour l’instant très minoritaires parmi les parieurs (31 %) et qui participent faiblement au volume des enjeux (19 %), investissent les courses comme elles ont investi les sports et les loisirs équestres [Digard 1995, 1999 : 59-62]. On sait en effet que le cheval, à partir du milieu du XXe siècle, a quitté son rôle traditionnel d’animal de travail pour entrer dans la sphère des loisirs, accédant ainsi à une popularité et à une position privilégiée proches de celles de l’animal de compagnie [Digard 1999, chap. III] ; on sait également que la féminisation des sports équestres n’est pas étrangère à cette ascension du statut culturel du cheval. Il faut aussi savoir qu’une forte féminisation des courses risque d’avoir sur elles, dans un deuxième temps, les mêmes conséquences que sur les sports équestres : diffusion des sensibilités animalitaires, développement d’une idéologie de protection, voire, dans ses formes extrêmes, de non-utilisation de l’animal… L’« amour » du cheval peut donc exercer sur les courses un effet catalyseur ; à terme, il peut aussi leur nuire.

Au point où se trouvent les études en sciences sociales sur les courses de chevaux, les certitudes sont peu nombreuses. Néanmoins cet article semble pouvoir en dégager deux.
La première est que les différences d’itinéraires historiques qui ont conduit au développement et à la formalisation des divers types de courses et de paris, les fractures sociologiques, géographiques et culturelles qui traversent le champ des activités hippiques, essentiellement entre le monde du galop et celui du trot, entre le spectacle et le jeu, autorisent à douter de la pertinence de toute approche des courses de chevaux en France (notamment sur le plan commercial et publicitaire) comme d’un objet unique et surtout uniforme.
Pour autant – c’est la seconde certitude –, la « filière Courses » ne fait apparaître nul « assemblage de pratiques où certaines combinaisons sont permises, d’autres non », nul « système structural cohérent », ni, enfin, pour paraphraser F. Saumade [1998 : 129], nul « modèle comparatif » susceptible d’éclairer « la genèse du spectacle [hippique] avec ses multiples ramifications ».
Comment, dans ces conditions, interpréter ces multiples fractures ? Il est tentant mais sans doute réducteur de ne voir en elles que de simples prolongements du passé car, comme aime à répéter justement Godelier, « l’histoire n’est […] pas une catégorie qui explique, mais qu’on explique » [1973 : VIII]. Plus sérieuse est la piste d’un renversement de perspective dans la fonction des courses (autrefois élevage à destination ludique, l’activité hippique a davantage aujourd’hui une finalité de sauvegarde d’un animal emblématique), renversement de perspective qui a suscité et va probablement continuer à susciter, dans l’organisation du monde des courses, selon un processus bien décrit par Bourdieu [1987] pour le domaine du sport, un renouvellement des populations concernées (propriétaires, entraîneurs, jockeys, etc.), une diversification des pratiques, un élargissement de la coupure entre amateurs et professionnels, un développement qui sera de plus en plus conçu comme un ajustement de l’offre et de la demande. Au fond, la crise que connaît actuellement la « filière Courses » n’est pas autre chose que le reflet d’une crise de la fonction sociale des courses en même temps que d’un décalage des structures du monde hippique.

Bibliographie
N. B. : L’essentiel des recherches en sciences sociales sur les courses a porté, d’une part sur leur histoire [Blomac 1991 ; Reynaldo 1990a, 1990b ; Thibault 1993, 1994, 1998 ; Vramplew 1976, 1988, 1989], d’autre part sur la sociologie des paris [Konopnicki 1987 ; Martignoni-Hutin 1993 ; Yonnet 1978, 1985, 1999]. Les travaux de géographie, de sociologie et a fortiori d’ethnologie sur le monde et la pratique des courses restent l’exception [Case 1988 ; Tourreau 1997].

Bale, J. — 1982, Sport and place. A geography of sport in England, Scotland and Wales. Londres, Hurst and Co.
Blomac, N. de — 1991, La gloire et le jeu. Des hommes et des chevaux, 1766-1866. Paris, Fayard.
Bourdieu, P. — 1987, « Programme pour une sociologie sport », in Choses dites. Paris, Minuit : 203-216.
Case, C. — 1988, « Paddock rites : integrative ritual in the racing community », Sociological Inquiry 58 : 279-290.
Digard, J.-P. — 1994, Le cheval, force de l’homme. Paris, Gallimard (« Découvertes »). — 1995, « Cheval, mon amour. Sports équestres et sensibilités “animalitaires” en France », Terrain 25 : 49-60. — 1999, Les Français et leurs animaux. Paris, Fayard.
Digard, J.-P., C. Tourre-Malenet et F. Ould Ferhat — 1998, « Cheval et sciences sociales », L’Équitation 14 : 13-19.
Dubeaux, D. — 1993, Les parieurs et les enjeux au PMU. Principaux résultats d’une enquête exploratoire conduite par l’INSEE en 1992. Paris, INSEE.
Godelier, M. — 1973, Horizon, trajets marxistes en anthropologie. Paris, François Maspero (« Bibliothèque d’anthropologie »).
Homéric — 1989, Ourasi, le roi fainéant. Paris, Presses de la Renaissance.
Joly, P. — 1998, Trotteurs de légende. Rennes, Ouest-France.
Konopnicki, G. — 1987, La France du tiercé. Ordre et désordre d’une passion populaire. Paris, La Manufacture.
Leroi-Gourhan, A. — 1964, Le geste et la parole : technique et langage. Paris, Albin Michel. — 1965, Le geste et la parole : la mémoire et les rythmes. Paris, Albin Michel.
Martignoni-Hutin, J.-P.G. — 1993, « Faites vos jeux ». Essai sociologique sur le joueur et l’attitude ludique. Paris, L’Harmattan (« Logiques sociales »).
Mulliez, J. — 1983, Les chevaux du royaume. Histoire de l’élevage du cheval de selle et de la création des Haras. Paris, Montalba.
Reynaldo, J.-P. — 1990a, Histoire des courses plates. S. l., Éd. Galtro. — 1990b, Histoire des courses au trot. S. l., Éd. Galtro.
Roche, D. — 1997, « Le cheval et ses élevages : perspectives de recherche », Cahiers d’Histoire 42 (3-4) (n° spécial : Éric Baratay et Jean-Luc Mayaud eds., L’animal domestique, XVIe-XXe siècle) : 511-520.
Saumade, F. — 1998, Les tauromachies européennes. La forme et l’histoire, une approche anthropologique. Paris, CTHS.
Thibault, G. — 1993, Les heures mouvementées de la Société d’encouragement, 1933-1991. Boulogne, Éd. du Castelet. — 1994, Les ventes de Deauville de 1887 à nos jours. Deauville, L’Agence française. — 1998, Auteuil, hier et aujourd’hui (1830-1915). Boulogne, Éd. du Castelet.
Tourreau, S. — 1997, Les courses hippiques à l’Île Maurice. Tentative d’expression d’une nation. Thèse de doctorat, Université de la Réunion, 2 vol.
Veblen, T. — 1978 (1899), Théorie de la classe de loisir. Paris, Gallimard (« Tel »).
Vramplew, W. — 1976, The turf. A social and economic history of horse racing. Flinders University (Australie). — 1988, Pay up and play the game. Cambridge, Cambridge University Press. — 1989, « Horse-racing », in T. Mason ed., Sport in Britain. A social history. Cambridge, Cambridge University Press : 215-244.
Yonnet, P. — 1978, Sociologie des courses de chevaux – tiercé, liberté, loisirs. Thèse de doctorat. Université de Toulouse-Le Mirail. — 1985, Jeux, modes et masses. La société française et le moderne, 1945-1985. Paris, Gallimard (« Bibliothèque des Sciences humaines »), chap. I, « Tiercé. Les nouveaux dimanches de la démocratie » : 15-90. — 1999, Travail, loisir. Temps libre et lien social. Paris, Gallimard (« Bibliothèque des Sciences humaines »), chap. IV, « Le tiercé. Apogée et déclin d’un phénomène social » : 243-283.

Notes
1. Ce travail s’inscrit dans le cadre d’une convention de recherche CNRS-Haras nationaux. Outre les Haras nationaux, je tiens à remercier également pour leur aide France galop (tout particulièrement les docteurs vétérinaires Roland Devolz et Pierre-Marie Gadot), le PMU (M. Gérard Callegari) et la Société d’encouragement à l’élevage du cheval français (MM. Jacques Chartier et Guillaume Maupas).

Pour citer cet article
Jean-Pierre Digard, Les courses de chevaux en France. Un jeu/spectacle à géographie variable, Études rurales, Jeux, conflits, représentations
http://etudesrurales.revues.org/document31.html
 
 
 
 
 
 
 
 
 
 
  Ajouté le Dimanche 6 janvier 2008 à 18:41 par pegase - Aucun commentaire  
 
 
 
 
 
 
 

 
 
 
 
 
 
 
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