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Course à Ascot

PETIT HISTORIQUE


A - DE LA VICTOIRE D'ACHILLE AUX JEUX OLYMPIQUES
B - LES COURSES DE CHARS A ROME
C - UN SPORT NATIONAL A BYZANCE
D - L'ANGLETERRE BERCEAU DU TURF
E - LES PREMIÈRES COURSES EN FRANCE
F - UN HIPPODROME : L'EXEMPLE DE LONGCHAMP


Les courses sur les hippodromes sont peut être vieilles comme le monde, ou en tout cas vieilles comme le premier homme qui a domestiqué un cheval sauvage, a réussi à le monter et à partir au galop. Ce premier homme dont le nom est inconnu, découvrait la griserie immense de la vitesse.
Qu'un seul de ses compagnons ait tenté de l'imiter et de le rejoindre en galopant plus vite, et les courses ont été inventées. Restait à délimiter le parcours et, pour corser la difficulté, à le semer d'obstacles : murs, rivières, haies. La grande fête des courses pouvait alors commencer, elle a eu tout de suite ses héros : les chevaux, les jockeys, les entraîneurs et les propriétaires...mais aussi ses obscurs : les lads, les parieurs et les spectateurs !

Cirques modernes, les hippodromes symbolisent un rêve ancien et un rêve moderne. Ils sont le pain de quelques-uns, les jeux de beaucoup, et leur histoire est un fait social dont on n'a pas toujours mesuré la portée, qui tient les hommes en haleine et célèbre la beauté des chevaux et les risques inouïs pris par leurs cavaliers, le couple jockey-cheval formant un véritable centaure!!!


Reconstitution du circus maximus au Puy du Fou

A - DE LA VICTOIRE D'ACHILLE AUX JEUX OLYMPIQUES

Depuis plus de 3000 ans les hommes organisent des courses de chevaux. La première dont l'histoire ait le souvenir, est celle que relate Homère dans l'Iliade. Lors de la prise de Troie à la fin du IIème millénaire avant Jésus-Christ, Hector tua dans le combat Patrocle, ami d'Achille, et fut lui-même tué par ce dernier. Achille, vainqueur, organisa des fêtes martiales et sportives dont une course de chars attelés de chevaux à laquelle prirent part cinq chefs de l'armée grecque, ses amis. Diomède, le gagnant, se vit offrir une captive troyenne, d'une extraordinaire beauté...

Si grâce à Homère nous sommes assez bien renseigné sur la course d'Achille, il est difficile de préciser le moment à partir duquel les courses de chevaux figurèrent régulièrement aux programmes des Olympiades instituées par Hercule lui-même, selon les récits de Plutarque et de Diodore de Sicile, et organisées pour la première fois en 2735 av. J-C... C'est toutefois à partir de 776 seulement que furent instituées, tous les quatre ans, des Jeux Olympiques.

Henry Lee, qui publia en 1914 son Histoire des Courses de Chevaux, à laquelle on se réfère toujours, avance que les quadriges resteront longtemps la règle jusqu'au déclin des courses de Byzance (Constantinople) à l'époque des Croisades. Trois types de courses figurent dans les compétitions olympiques : les courses de chevaux de selle depuis la 28ème Olympiade, reconduites sans interruption jusqu'à la disparition des Jeux (interdits par Théodore Le Grand en 393) ; les courses de poulains à partir de la 23ème Olympiade; la "calpé" avec deux juments sans selle, le conducteur sautant de l'une à l'autre.

Les hippodromes paraissent avoir été tous conçus sur le modèle de celui d'Olympie. Une piste de forme elliptique dont les auriges et les chevaux faisaient plusieurs fois le tour. En un point du parcours, une borne resserrait l'élipse de la piste et accroissait la difficulté, concurrents et chevaux risquant à chaque tour de tomber, de se blesser et de se tuer. Ce sera le cas, fréquemment, sur le fameux hippodrome de Byzance. L'honneur de gagner les courses étant seul en jeu, celles-ci attirèrent les personnages les plus illustres et les plus riches, désireux de briller sur l'hippodrome. Cimon d'Athènes gagna par trois fois une course de quadrige et se fit enterrer avec son équipage...

Les chevaux de ces compétitions étaient soit des autochtones, soit importé du Caucase, de Perse, d'Arabie et d'Égypte. Ceux d'Arabie étaient les plus réputés. C'est dans la race Kochlani que le roi Salomon (-1082,-975) puisait l'essentiel de ses 40 000 chevaux. Cette race produira 2800 ans plus tard le fameux Darley Arabian qui donnera naissance en Angleterre à de prestigieuses lignées. C'est à l'époque de l'Empire romain qu'il faut faire remonter l'origine des jeux hippiques, avec les fameuses courses de chars organisées dans le cadre des jeux du cirque, qui étaient l'objet d'énormes enjeux (en latin, sponsio). Entraîneurs, jockeys, juges au départ, à l'arrivée et, même, société d'encouragement, haras et poulinières : les Romains n'auraient rien eu à envier aux organisateurs des courses modernes.

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B - LES COURSES DE CHARS A ROME

Le cirque est l'image du ciel
Selon les Anciens eux-mêmes, le cirque était un endroit consacré à la divinité. « Le cirque est l'image du ciel ; il recèle en lui la figure et les nombres des confins éthérés. Car les douze ouvertures des portes d'où s'élancent les chars, représentent les douze mois et les douze constellations que traverse dans sa course l'astre aux rayons d'or. Les quatre chevaux évoquent les saisons, les quatre couleurs des factions, les éléments. L'aurige comme Phébus attelle ses quatre coursiers. Quand les barrières s'ouvrent et lancent en avant les chars, tous s'efforcent de boucler le circuit jalonné par les bornes : ces deux points équidistants indiquent le coucher et le lever du soleil. »
« Entre eux se trouve le canal de l'Euripe, telle la vaste étendue des mers et, au milieu, dominant tout, l'obélisque qui marque le centre. A la lune est toujours vouée la bige (attelage de deux chevaux), au soleil, le quadrige, à Castor et Pollux, les chevaux seuls. Nos spectacles sont en harmonie avec les réalités divines et leur charme s'accroît de l'honneur reçu par les dieux. »


Quadriges dans le circus maximus

380 000 spectateurs sur les gradins
Ce cirque décrit par les textes anciens, est en réalité le Circus Maximus de Rome. Il mesurait 670 m de long sur 215 de large et pouvait contenir plus de 380 000 spectateurs, ce qui laisse loin derrière, nos plus grands stades actuels ! Mais en fait les cirques de province reproduisaient, avec des proportions moindres, les dispositions de celui de Rome pris comme prototype. Contrairement à ce qui se passait au théâtre ou à l'amphithéâtre, au cirque les hommes et les femmes assistaient ensemble au spectacle ; les esclaves eux-mêmes y étaient admis et pariaient comme les autres.


Circus Maximus reconstitué

Voici comment se déroulait une course de chars. Les cochers, ou auriges, étaient vêtus d'une tunique sans manches, de la couleur de leur faction, et d'un bonnet en cuir destiné à les protéger en cas de chute. Ils enroulaient les rênes autour de leur ceinture. Le char de course, semblable au char de guerre, était constitué d'une simple caisse montée sur deux roues. Le char attelé de deux ou quatre chevaux, celui de gauche étant toujours le conducteur, pouvait atteindre de très grandes vitesses. Mais ils étaient à la merci du moindre choc. Dans les tournants, surtout, les roues heurtaient les bornes et il ne restait plus au cocher qu'à trancher les guides avec un couteau qu'il portait toujours à sa ceinture, sinon c'était presque toujours une mort certaine.

Une écharpe blanche donne le départ
La course proprement dite comprenait sept tours (environ 7 km et demi) en l'honneur des sept jours de la semaine et des orbes célestes concentriques des sept planètes (Lune, Mercure, Vénus, Soleil, Mars, Jupiter, Saturne) du système de Ptolémée. A chaque tour, on ôtait un des sept œufs placés sur la spina (Élargie et creusée d'un bassin, la spina devint l'euripe qui séparait en deux parties le cirque sur toute sa longueur, pour en faciliter la compréhension. Après que le magistrat chargé de présider les jeux avait donné le signal, en jetant d'un balcon une écharpe blanche, la « mappa », les chars s'élançaient ensemble pour sept tours. Pour remporter la palme, chaque aurige s'efforçait de serrer de plus près, l'intérieur du parcours, mais il risquait de heurter les bornes ou la spina. Après l'enlèvement du dernier œuf, le dernier tour donnait lieu à une âpre rivalité et c'est alors que les passions des spectateurs se déchaînaient pour soutenir leur faction favorite. Les accidents, qu'on appelait des « naufrages » , étaient nombreux et généralement la chute d'un cocher en entraînait d'autres, incapables de maîtriser leurs chevaux lancés à grande vitesse.

Des poètes aux courses
Dans l'« Enéide », Virgile a décrit une de ses épreuves. « Les chevaux ne sont pas plus rapides accouplés dans la course des chars, quand ils se précipitent hors des loges et qu'ils dévorent l'espace, ni les cochers plus ardents quand, leurs attelages lancés, ils secouent les rênes flottantes et se penchent tout le corps en avant pour les en fouetter. Les applaudissements, les cris des spectateurs, les vœux des partis enthousiastes se répercutent dans toute l'arène, roulent par toute renceinte... »
« Dans le cirque, écrit de son côté Ovide, le prêteur a lancé, des loges ouvertes en même temps, les quadriges. Mon favori vaincra, les chevaux même paraissent comprendre mes désirs. Hélas il a décrit un bien grand cercle autour de la borne. Que fais-tu ? (Ovide feint de s'adresser à l'aurige lui-même) Celui qui te suit l'a frôlée de près et va te rattraper. Que fais-tu malheureux ? De grâce tire d'une main vigoureuse sur la rêne gauche... »

Les cochers : des vedettes adulées et bien payées
Les cochers se recrutaient principalement parmi les esclaves et, de leurs succès, ils espéraient l'affranchissement. Malgré cette origine, ils n'étaient pas frappés d'infamie par la société, comme les acteurs ou les gladiateurs. Les foules au contraire les adulaient et beaucoup d'empereurs, Caligula, Néron, Commode, Caracalla, ne dédaignèrent pas de participer comme auriges à des courses de chars. Les récompenses des vainqueurs, outre les palmes et les couronnes honorifiques, consistaient en importantes sommes d'argent. Aux plus célèbres des auriges on élevait même des statues. On appelait « miliarius » le cocher qui avait remporté plus de mille victoires. Voici l'inscription funéraire de l'un d'entre eux, relevée sur une table de marbre trouvée à Rome 4 257 courses dont 1 462 victoires. « Caius Appuleius Dioclès, cocher de la faction des Rouges, originaire de la Lusitanie espagnole, âgé de 42 ans, 7 mois, 23 jours (Dioclès vécut de 104 à 146 après J.-C). Il courut sa première course dans la faction des Blancs, sous le consulat d'Acilius Aviola et de Corellius Pansa (En 122, à dix-huit ans donc). Il remporta sa première victoire dans la même faction sous le consulat de M. Aciulius Glabrio et de Gaius Bellicius Torquatus (En 124, il a vingt ans). Il courut pour la première fois dans la faction des Verts sous le consulat de Torquatus Asprenas et d'Annius Libre (En 128. Les meilleurs cochers, comme aujourd'hui les grands du football, étaient achetés à prix d'or par les directeurs des factions. Un aurige pouvait passer de cette façon d'une faction à une autre, en se donnant au plus offrant)... Au total, il conduisit des chars durant 24 ans, il participa à 4 257 courses et remporta 1 462 victoires, dont 1 064 dans des courses simples, 347 dans des courses doubles et 51 dans des courses triples (Ces courses sont celles, à l'occasion desquelles chacune des 4 factions engageait 1, 2 ou 3 chars à la fois).


Caius Appuleius Dioclès

Il se reconnaît une quatrième place qui lui a valu mille sesterces, une misère. Il a été huit cent soixante et une fois deuxième dans les courses et cinq cent soixante seize fois troisième. Il gagna au total 35 863 120 sesterces... » Cette dernière somme (plus de 30 millions de nos francs) est véritablement énorme et les salaires de nos vedettes font piètre figure en comparaison.

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Le peuple était pour les Verts
Sous l'Empire, quatre factions principales étaient représentées : les Blancs (albata), les Bleus (veneta), les Verts (prasina) et les Rouges (russata). Un empereur créa bien deux autres factions, la Pourpre et la Dorée, mais elles n'eurent qu'une existence éphémère. Les Blancs apparurent sous Auguste, les Verts quelques années plus tard ; mais à partir du IIIe siècle, les Verts absorbèrent les Blancs et les Rouges fusionnèrent avec les Bleus. Les Verts et les Bleus gardèrent la prééminence et dès lors, toute la population romaine, de l'Empereur au dernier des esclaves, se passionna pour l'une ou l'autre et paria sur ses couleurs. Dans l'Empire on fut pour les Verts (prasinianus) ou pour les Bleus (venetianus) mais ces groupes de « fautores » (on dirait aujourd'hui supporters) avaient aussi une certaine coloration politique. Chaque couleur avait été adoptée par une classe sociale : le peuple était pour les Verts, le Sénat et l'aristocratie s'identifiaient plutôt aux Bleus. On vit les empereurs les plus « démocratiques », comme Néron, Domitien ou Commode soutenir les Verts, alors qu'un empereur plus traditionaliste, Vitellius, n'hésitait pas à faire exécuter les Verts coupables d'avoir conspué des Bleus. Suétone évoque l'engouement de Néron pour le cirque « Pour les chevaux il eut dès son plus jeune âge, une passion particulièrement vive, et la plupart de ses conversations roulaient, quoiqu'on le lui defendit, sur les jeux du cirque; un jour il s'apitoyait au milieu de ses condisciples sur un cocher du parti vert traîné par ses chevaux... » Cette passion pour les Verts, Juvénal en donne un témoignage dans sa XIe Satire. « Rome aujourd'hui est tout entière au cirque. Des acclamations frappent mon oreille ; j'en conclus à la victoire des Verts. S'ils succombaient, on verrait cette ville dans une morne tristesse, comme au jour où les consuls se firent battre dans la poussière de Cannes (Sanglante défaite infligée par Hannibal aux Romains). »


C - UN SPORT NATIONAL A BYZANCE

L'État byzantin formé entre 330 et 395 dans la partie orientale de l'Empire romain, devint après les invasions barbares le Nouvel Empire romain d'Orient. Byzance hérita de Rome le goût des courses de chevaux qui devait s'y perpétuer pendant un millier d'années, et devenir à partir du règne de Justinien Ier (527-565) et Théodora, son épouse, une véritable passion collective touchant toutes les classes de la population.

A Byzance les factions deviennent des partis
Après le IVe siècle, mais principalement à Constantinople, les factions romaines issues du cirque, deviennent dans l'Empire byzantin, de véritables partis politiques. Saint Grégoire de Nazianze a dépeint ces amateurs de courses. Comme ceux de Rome, ils bondissent, crient, imitent le cocher, frappent des coursiers imaginaires, parlent entre eux d'auriges, de chevaux, d'écuries, « et souvent si pauvres qu'ils n'ont pas de quoi manger pour un jour » . Au début du IIIe siècle, un empereur construisit à Constantinople un hippodrome à la ressemblance du Circus Maximus de Rome. A Byzance les courses de chars soulevaient encore plus d'enthousiasme. On vit un empereur, Constantin V, surnommé Caballinos (le cheval), remplacer les mosaïques de son palais représentant les conciles œcuméniques, par les portraits de ses cochers favoris. Ceux-ci étaient comblés de richesses et d'honneurs et le basileus présidait les courses de chars depuis la loge impériale, et l'Hippodrome étant proche du Palais, le souverain passait directement de ses appartements dans la tribune qui lui était réservée. Le déroulement de la course, les factions, tout était identique à ce qui se passait à Rome.

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Les Verts contre les Bleus
Mais sous le règne de l'empereur Justinien, les querelles incessantes entre les factions du cirque, allaient amener un drame terrible dans lequel l'empire lui-même faillit périr. A Byzance, les factions des Verts et des Bleus ne sont pas seulement des sociétés de courses, ce sont de véritables partis jouissant d'une organisation politique et militaire, regroupant la population de la ville dans des milices armées, par lesquelles elles pouvaient influer sur les affaires publiques. Le cirque devint ainsi le seul endroit où le peuple, qui conservait un vieil instinct démocratique, put encore faire entendre sa voix à l'empereur. Justinien allait en faire l'amère expérience. Son épouse, l'énergique impératrice Théodora, n'avait cessé depuis son avènement de soutenir les Bleus contre les Verts. Les premiers, assurés de l'impunité, commettaient les pires excès contre leurs rivaux qui s'organisèrent et rendirent bientôt coup pour coup. Un véritable climat de guerre civile s'installa à Constantinople. Une étincelle allait mettre le feu aux poudres. Le 11 janvier 532, un dimanche, des courses de chars avaient lieu à l'Hippodrome. Justinien et Théodora avec toute leur Cour, y assistaient. Les supporters des Verts se mirent à insulter l'empereur qu'ils accusèrent de laisser les Bleus impunis, puis, en masse, ils quittèrent les gradins (suprême injure) et se répandirent dans la ville. Justinien fit exécuter quelques meneurs appartenant aux deux partis. La colère populaire ne s'apaisa pas. Le 13 janvier à nouveau, au cours d'une réunion à l'Hippodrome, les hommes des deux factions réunis cette fois contre l'empereur, exigèrent de lui des mesures de clémence ; ne les obtenant pas, ils se ruèrent dans les rues au cri de « Nika » (Victoire) et se mirent à incendier les palais et à massacrer soldats et fonctionnaires.

Massacre dans l'Hippodrome
Le 14 janvier, affolé, Justinien céda ; mais il était trop tard, la révolte devenait une révolution. Le 15, la basilique de Sainte-Sophie, le Sénat, le Palais impérial brûlèrent et durant trois jours l'incendie fit rage. Le 18, la ville était en flammes ; le peuple se réunit à nouveau dans l'Hippodrome et couronna un autre empereur, Hypatios, d'une famille jadis détrônée par Justinien et favorable aux Verts. L'empereur voulait s'enfuir par la mer ; Théodora seule fit montre de courage et conseilla de tenter une ultime résistance. La Cour soudoya les chefs du parti bleu pour les détacher des Verts. Avec leur aide, les soldats du général Bélisaire cernèrent l'Hippodrome où ils massacrèrent les insurgés qui y étaient rassemblés. Le soir de cette tuerie, plus de 30000 cadavres jonchaient le sol sanglant du cirque. Quelques jours plus tard Justinien faisait exécuter le malheureux Hypatios. La sédition "Nika", ne mit pas fin aux spectacles de l'Hippodrome. Les courses de chars eurent encore lieu à Byzance durant de longs siècles. C'est seulement la prise de Constantinople par les Croisés, en 1204, qui mit un terme à cette tradition. L'empire byzantin restauré fut incapable, faute de moyens, de renouer avec elle et dans les ruines de l'Hippodrome déserté, on n'entendit plus les cris des spectateurs encourager les factions. A partir du VIIème siècle, le déclin des courses apparaît à Byzance. Elles se perpétueront pourtant jusqu'au XIIème siècle, époque à laquelle les Croisades leur porteront le coup de grâce.
L'hippodrome de Byzance fondé par Septime Sévère (146-211) fut décoré pendant près d'un millénaire par les statues de bronze de 4 chevaux particulièrement célèbres, qui depuis 1204 se trouvent à Venise où ils ornent la façade de la Basilique Saint-Marc depuis 1250. Les spécialistes n'ont toujours pas élucidés l'origine de ces 4 magnifiques chevaux ni l'époque de leur fonte. On sait que ces chevaux firent un séjour à Paris au début du XIXème siècle. En 1797, après le traité de Campo-Formio, la République de Venise fut contraint de céder à la France un important butin d’œuvres d'art dont les 4 prestigieux chevaux. Installés d'abord aux Invalides puis à la grille des Tuileries près du Palais, les chevaux furent en 1807 jugés dignes de fournir un couronnement à l'Arc de Triomphe du Carrousel que venaient d'achever les architectes Percier et Fontaine. Ils y restèrent jusqu'en 1815 et furent maintes fois portraiturés par les peintres, aquarellistes, dessinateurs et graveurs de l'époque. Au retour des Bourbons, Louis XVIII les restitua à Venise où, le 13 Décembre 1815, ils furent remis en place sur le pronaos de la Basilique. Ainsi se terminent provisoirement les aventures des chevaux de Saint-Marc qui furent pendant si longtemps les témoins des courses de Byzance.
d'Après André Thévenet - Historama n°304, mars 1977

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Notes : sur les courses de chars à Rome et à Bysance.

1. Les règles
Les règles ne sont pas précises. Pour l'épreuve des desultores, les jockeys changeaient de monture à chaque tour de piste. Pour l'épreuve des cursores, ils parcouraient le dernier tour à pied, soit que leur cheval ait été récupéré par un lad, soit qu'ils aient couru en le tenant eux-mêmes par la bride. Au Grand Cirque, les cursores partaient des metae Murciae, c'est-à-dire de la borne opposée aux carceres. Il n'était pas nécessaire de faire un départ impeccable. L'inscription du cursor Fuscus nous montre que les desultores pouvaient être rappelés et ils recommencaient la course.
Les desultores et les cursores couraient à un seul par faction. Cependant, chaque faction engageait deux quadriges et deux biges, c'est très peu.
Les desultores saluaient l'éditeur avant le départ de la course : on voit en effet un des cavaliers, à pied mais avec son pileus conique et son fouet, serrer la main de l'éditeur des jeux, cependant qu'un second cavalier va même jusqu'à se prosterner à ses pieds. Sous l'Empire, l'éditeur ne se tient plus au bord de la piste, il est désormais installé au-dessus des carceres et il ne peut plus y avoir de contact direct entre le magistrat et les concurrents sportifs. Un tour d'honneur était accompli par le vainqueur.

2. Les courses de chars
Les chars qui sont attelés avec quatre chevaux sont des quadriges. Ovide qualifie cette course de maxima spectacula. Le moment fatidique est celui où les chars sont dans les stalles de départ. Les stalles sont au nombre de douze. Il peut donc y avoir au maximum trois chars par faction : la course est dite alors ternae. Sous le règne de Domitien, les couleurs passèrent au nombre de six, il ne pouvait plus y avoir que deux chars par faction, et la course était dite alors binae. Et lorsque chaque couleur n'engageait qu'un char, la course était dite singulae.

3. Les biges, les triges et les équipages de fantaisie
Les courses normales sont celles des biges, des triges et des quadriges. Les quadriges ont pris progressivement le dessus pour devenir la course par excellence. Au départ, sous la Royauté et dans les premiers temps de la République, les biges et les triges occupaient le devant de la scène comme ils l'avaient toujours fait en Etrurie; puis les biges sont devenus l'épreuve des auriges débutants.

4. Le départ des courses
Les stalles ont été attribuées aux différents cochers après tirage au sort. Elles sont disposées sur une ligne courbe. Il existait des couloirs initiaux qui se prolongeaient jusqu'à une ligne tracée à la craie et l'axe oblique de l'euripe font que les chances sont à peu près très égales, quoi qu'il en soit.

5. Quelques accidents
Lors d'accidents, le char, dont la roue gauche avait heurté la meta, se disloquait complètement; l'aurige était projeté dans les airs et retenu par les guides qui l'entraînaient sur le sol avec les conséquences que l'on peut deviner. La caisse de nombreux chars était le plus souvent en osier et en bois renforcé de pièces de cuir, ils étaient souple et très légers. Le plancher de la caisse était fait d'un treillis de lattes qui avait un rôle de suspension et les roues avaient plusieurs rais qui étaient indépendantes de l'essieu.
Origine des notes : http :www.ac-grenoble.fr.

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D - L'ANGLETERRE BERCEAU DU TURF

Au Xème siècle la course hippique trouve sa terre d'élection en Angleterre, où, depuis Athelstan (vers 960), tous les monarques successifs auront le souci de fixer et d'améliorer une race de chevaux de course. Richard Coeur de Lion (1157-1189-1199) soutient les races orientales et institue la première course anglaise sur la lande d'Epsom dotée de 40 livres d'or. Henri VIII (1491-1509-1547) crée des prix fameux: la St George's Bell d'argent et les «courses au clocher». La première loi réglementant les courses date de 1512. C'est Jacques Ier (1566-1603-1625) qui peut être considéré comme le père du turf britannique : il crée le premier hippodrome gazonné, le premier centre d'entraînement, à Newmarket. Guillaume III (1689-1702) jette les fondements d'une recherche de la race pure, en créant le stud-book, registre " d'état civil " où sont inscrits tous les chevaux de pur sang, à condition de satisfaire à certains critères qualitatifs. Byerley Turk, Darley Arabian et Godolphin Arabian, trois étalons arabes, sont à l'origine de la race actuelle des pur-sang.

A Race on the Beacon Course at Newmarket - vers 1720 John Wootton

Arrière-petit-fils de Darley Arabian, Éclipse, né en 1764, sera la première idole du turf : 21 courses, 21 victoires, puis une carrière non moins brillante au haras. C'est à son époque que le turf britannique se dote de l'institution qui va progressivement régenter toutes les courses : le Jockey-Club, fondé en 1751 et qui publie son premier règlement en 1771. En 1780, lord Derby institue à Epsom une poule pour chevaux de trois ans : les Derby Stakes. Une poule est la mise en commun des enjeux sur les chevaux, qui sont répartis ensuite entre les gagnants.

E - LES PREMIÈRES COURSES EN FRANCE

En France, c'est seulement sous Louis XIV que sont organisées, dans la plaine d'Achères, les premières courses officielles, le 25 février 1683. Mais c'est le comte d'Artois, frère de Louis XVI et futur Charles X, qu'il faut considérer comme le vrai père du turf français. Sous son impulsion, un hippodrome est créé dans la plaine des Sablons, en 1776. Puis, en 1781, le premier champ de courses officiel fait son apparition dans le parc du château de Vincennes. Dès lors, ni la Révolution ni les changements de régime et de dynastie ne pourront empêcher l'irrésistible développement des courses.

Course de chevaux sous le 1er Empire par Debucourt

C'est sous Louis-Philippe, en 1833, que se crée la Société d'encouragement pour l'amélioration des races de chevaux en France, qui installe un hippodrome à Chantilly ; en 1836 s'y dispute le Prix du Jockey-Club, le " Derby " français. En 1857, Longchamp est inauguré, puis Deauville en 1864. Parallèlement, la Société des steeple-chases, fondée en 1863, ouvre Auteuil en 1873, tandis que la troisième société mère, celle du demi-sang, s'organise en 1864 ; elle fera courir à Vincennes à partir de 1879.

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F - UN HIPPODROME : L'EXEMPLE DE LONGCHAMP

Longchamp, considéré comme l'un des plus beaux hippodromes du monde, porte un nom connu dès le VIIIe siècle ; à cette époque, des bûcherons défrichent, dans la forêt de Rouvray, une bande de terre allongée, bientôt baptisée le Longchamp. Site d'une abbaye fondée par la sœur de Saint Louis en 1250, rasée à la Révolution et dont il ne subsiste que le soubassement du moulin, Longchamp découvre sa vocation hippique en 1854, quand le conseil municipal de Paris, à l'instigation du duc de Morny, demi-frère de Napoléon III et grand protecteur des courses, achète la plaine pour y établir un hippodrome. La Société d'encouragement obtient une concession de cinquante ans à partir du 1er juillet 1856. Moins d'un an plus tard, le 24 avril 1857, l'inauguration du nouvel hippodrome est un succès populaire et mondain : plus de trois mille personnes dans l'enceinte du pesage, cinq mille dans les gradins et le pavillon, quatre mille à la pelouse. Le tout-Empire, à commencer par l'empereur et l'impératrice, assiste à l'événement. Le premier gagnant de cette réunion inaugurale porte un nom prédestiné : Éclaireur. En 1863, c'est la création du Grand Prix de Paris, doté de l'allocation - considérable pour l'époque - de 100 000 francs-or. Son premier vainqueur s'appelle The Ranger ; c'est un anglais. Deux ans plus tard, le fameux Gladiateur met enfin un coup d'arrêt à la suprématie britannique : quand il bat les chevaux anglais chez eux, dans le Derby d'Epsom, la Chambre fait une ovation à son propriétaire. Et, quand le phénomène apparaît à Longchamp, pour ridiculiser ses adversaires dans le Grand Prix, toutes les Parisiennes s'habillent en bleu et rouge, les couleurs du comte de Lagrange ! L'histoire de Longchamp continuera d'être intimement mêlée à la vie parisienne, aussi bien qu'à la vie politique : en 1867, soixante mille soldats y défilent, en présence du tsar et du roi de Prusse.

Course à Longchamp 1867 - Edouard Manet

En 1873, le crack Boiard court devant le roi de Perse ; un prix d'Ispahan - qui se dispute encore le jour du Grand Prix - commémore cette visite exceptionnelle. En 1886, le sort de la République s'y joue : le général Boulanger, plébiscité lors de la revue du 14 juillet qui s'y tient chaque année, n'a qu'un geste à faire pour se retrouver porté à l'Élysée par l'enthousiasme populaire. Le 14 octobre 1906, l'hippodrome s'enflamme à nouveau : mécontents d'un mauvais départ, les parieurs mettent le feu aux baraques du Mutuel.
La Nuit de Longchamp, en juin 1936, est une autre illumination qui réunit, le temps d'une fête, le tout-Paris et le tout-faubourg (courses, bals, kermesse, cirque, boxe, feux d'artifice). Entre-temps, Longchamp s'est enrichi de sa plus belle épreuve : le Prix de l'Arc de triomphe, dont le premier vainqueur, en 1920, est l'anglais Comrade. À partir de 1966, l'hippodrome va présenter un nouveau visage ; 100 millions de francs sont investis pour en faire une sorte de " paquebot de luxe ", avec ses différentes classes, son autonomie, son équipage à l'année : il s'agit d'entretenir 4 ha de tribunes, 50 000 m2 de carrelages, 18 000 m2 de vitres, de planter 60 000 pieds de fleurs, de garder en état 17 ha de pistes gazonnées. Les techniques les plus modernes témoignent que rien n'a été trop beau pour justifier sa réputation de " temple des courses plates " : départ en stalles, chronométrage électronique, contrôle filmé, photo-finish, télévision couleur, traitement des paris par ordinateur, laboratoires vétérinaires. Les enjeux et les prix alloués aux vainqueurs sont devenus considérables : le vainqueur du Prix de l'Arc de triomphe reçoit 4 millions de francs, celui du Grand Prix de Paris, 1,5 million.

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  Le goût populaire; deux mots qui hurlent d'être accouplés; tout peut être populaire, excepté le goût qui est le résultat de l'éducation.
(Ramsson)

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